Visiter Kandy autrement : balade dans la forêt royale d’Udawattakele
Perchée au-dessus de Kandy, la forêt royale d’Udawattakele offre une pause verte à quelques minutes seulement de l’agitation du centre-ville et du Temple de la Dent. Ici, pas de panoramas spectaculaires ni de safari grandiose, mais une immersion dense et sensorielle dans une jungle humide et vivante. Après l’effervescence urbaine, cette parenthèse plus intime s’est révélée particulièrement apaisante.
Avril 2024

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Nichée juste au-dessus de la ville de Kandy, la forêt royale d’Udawattakele offre une respiration inattendue. À quelques minutes seulement des klaxons, des bus bondés et de l’agitation autour du Temple de la Dent, la jungle reprend ses droits. Pour nous, cette immersion végétale n’était pas un incontournable absolu du Sri Lanka. Mais après l’effervescence de Kandy, elle a constitué une pause salutaire. Surtout pour Monsieur, biologiste en herbe, que l’animation urbaine avait laissé un peu sur sa faim.
Udawattakele n’est pas une forêt spectaculaire comme celles des grands parcs nationaux du pays. Elle n’a ni les panoramas vertigineux des Hautes Terres, ni la faune iconique d’un safari. Pourtant, elle possède une force plus discrète : celle d’un écosystème dense, humide, vibrant, presque intime.
Une forêt chargée d’histoire
Avant d’être une réserve naturelle, Udawattakele était une forêt royale. Située derrière l’ancien palais des rois de Kandy, elle servait autrefois de jardin privé, de refuge et de réserve de bois précieux. Le nom même d’« Udawattakele » signifie littéralement « jardin au-dessus du palais ».
Aujourd’hui, la forêt couvre environ 100 hectares et est classée réserve forestière. Elle protège un fragment précieux de forêt tropicale humide de basse altitude, un écosystème devenu rare dans cette région du Sri Lanka. On y trouve des espèces d’arbres indigènes, des lianes massives, des fougères arborescentes et une canopée si dense qu’elle filtre la lumière en une mosaïque verte.
Dès l’entrée, le contraste est saisissant : la température chute légèrement, l’air devient plus humide, plus épais. Les sons changent. Les moteurs laissent place aux cris d’oiseaux, aux bruissements des feuilles et aux craquements furtifs dans la végétation.
Une pause nature bienvenue après l’agitation de Kandy
Kandy est souvent présentée comme une étape culturelle incontournable du Sri Lanka. Et c’est vrai que la ville possède une importance historique et religieuse majeure. Pourtant, son ambiance peut déstabiliser. Les rues sont animées, les trottoirs étroits, la circulation dense.
Monsieur, qui observe le vivant avec une curiosité presque scientifique, a rapidement ressenti le besoin de s’éloigner de cette agitation. Pour lui, le voyage passe par la contemplation du détail : une feuille aux nervures complexes, le vol d’un oiseau, le comportement d’un insecte. Dans ce contexte, Udawattakele s’est imposée comme une évidence. Une transition douce entre la ville et la nature, entre le tumulte et le silence.
La montée vers l’entrée se fait facilement à pied ou en tuk-tuk. Une fois le ticket en poche, on pénètre dans un univers beaucoup plus feutré.
Randonnée à Udawattakele : à quoi s’attendre ?
Des sentiers accessibles mais sauvages
La forêt est parcourue de sentiers balisés, de largeur variable. Certains sont relativement larges et bien entretenus, d’autres plus étroits, parfois glissants après la pluie. Le sol est souvent humide, couvert de feuilles mortes et de racines apparentes.
Il ne s’agit pas d’une randonnée technique, mais plutôt d’une marche exploratoire. Comptez entre 1h30 et 3 heures selon le temps que vous prenez pour observer, vous arrêter, photographier.
La topographie est vallonnée, sans dénivelé extrême, mais suffisamment pour faire travailler les jambes sous la chaleur tropicale.
Une immersion sensorielle
Ce qui frappe à Udawattakele, ce n’est pas un point de vue spectaculaire. C’est l’atmosphère. Une jungle compacte, parfois presque étouffante, où la lumière perce difficilement. Des odeurs de terre humide, de végétation en décomposition, de fleurs discrètes.
On avance dans une semi-pénombre verte. Les bruits semblent amplifiés. Chaque mouvement dans les branches attire l’attention.
Une faune discrète mais bien présente
Udawattakele n’est pas un parc safari. Pourtant, si l’on prend le temps d’observer, la forêt révèle une biodiversité étonnante.
Les singes, omniprésents
Les macaques et les langurs sont les plus faciles à repérer. On les voit sauter de branche en branche, surveiller les visiteurs d’un œil curieux, parfois indifférent. Ils font partie du décor sonore autant que visuel.
Les oiseaux, paradis des ornithologues
La forêt est réputée pour sa diversité d’oiseaux. Pour les amateurs d’ornithologie, c’est un terrain d’observation intéressant : perruches, bulbuls, drongos, coucous… Les chants résonnent dans la canopée, même si les oiseaux restent souvent invisibles à l’œil non exercé.
Monsieur, fidèle à son tempérament analytique, s’arrêtait régulièrement pour tenter d’identifier une silhouette, un cri, un battement d’ailes.
Les sangsues et autres insectes
Qui dit forêt humide dit sangsues. Surtout après la pluie. Elles se faufilent discrètement sur les chaussures et les mollets. Rien de dangereux, mais une expérience surprenante pour qui n’y est pas habitué.
En cas de morsure de sangsue, il est préférable d’éviter de l’arracher brusquement, car cela peut laisser les pièces buccales dans la peau et prolonger le saignement. Mieux vaut appliquer du sel, une solution salée ou approcher une source de chaleur (comme de la fumée) pour qu’elle se détache d’elle-même. À défaut, vous pouvez la décoller doucement en glissant une carte rigide ou un ongle sous sa ventouse, puis désinfecter la plaie et comprimer quelques minutes, le saignement pouvant durer un peu plus longtemps que pour une éraflure classique.
Les varans, si la chance est avec vous
Et puis il y a les gros varans. Massifs, impressionnants, presque préhistoriques. Nous en avons aperçu un, furtivement, près d’un point d’eau. Sa silhouette sombre se fondait dans les racines, avant de disparaître lentement dans la végétation.
Ce genre de rencontre donne à la balade une dimension presque sauvage, inattendue si près de la ville.
Les points d’intérêt dans la forêt
Le point de vue sur Kandy
Un petit sentier mène à un belvédère offrant une vue dégagée sur le lac de Kandy et la ville en contrebas. Ce n’est pas le panorama le plus spectaculaire du Sri Lanka, mais il permet de prendre conscience de la proximité entre urbanisation et nature.
Les ermitages et monastères
Udawattakele abrite également quelques grottes et ermitages bouddhistes. Certains moines y méditent encore. Ces espaces invitent au silence et au respect. Ils ajoutent une dimension spirituelle à la visite.
Est-ce un indispensable à Kandy ?
Honnêtement, non.
Si votre temps est limité au Sri Lanka, Udawattakele n’est pas un incontournable absolu. La forêt reste modeste comparée aux grandes merveilles naturelles du pays.
Cependant, elle peut devenir une très belle parenthèse si :
- vous séjournez au moins une nuit à Kandy,
- vous aimez observer la nature de près,
- vous cherchez une activité calme loin de la foule.
Pour nous, c’était davantage une expérience personnelle qu’un “must see”.
Informations pratiques
- Localisation : au nord de Kandy, accessible à pied depuis le centre.
- Heure d’ouverture : entre 6h et 17h.
- Billet : Les billets sont vendus au petit guichet à l’entrée principale au prix de 1 000 LKR par adulte (moins de 3 euros).
- Durée de visite : comptez entre 1 et 2h en fonction de la boucle que vous choisissez, ou plus si vous êtes avec un biologiste qui s’arrête tous les 2 mètres.
- Niveau : facile à modéré.
- Meilleur moment : tôt le matin pour éviter la chaleur et maximiser les chances d’observer la faune ou l’après-midi afin de se réfugier à l’ombre des arbres centenaires. A éviter s’il pleut.
- Équipement conseillé :
- chaussures fermées,
- eau en quantité suffisante,
- protection anti-moustiques,
- vigilance pour les sangsues en saison humide.
Notre ressenti
Udawattakele ne nous a pas émerveillés par sa grandeur. Mais elle nous a offert autre chose : un ralentissement. Une observation attentive du vivant. Un retour aux détails.
Pour Monsieur, cette pause végétale était essentielle. Observer les interactions discrètes, écouter les chants d’oiseaux, guetter le passage d’un varan : autant de micro-moments qui donnent du sens au voyage.
Ce n’est pas une expérience spectaculaire. C’est une expérience sensorielle.
Si vous êtes sensible à la nature dans ce qu’elle a de plus modeste et authentique, la forêt royale d’Udawattakele pourrait vous séduire. Sinon, gardez votre énergie pour les montagnes brumeuses, les plantations de thé et les grandes randonnées du Sri Lanka.
Parfois, le voyage ne se mesure pas à la grandeur des paysages, mais à la qualité du silence qu’ils offrent.
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