Road trip de 8 jours en Toscane
Entre collines dorées du Val d’Orcia, villages perchés aux ruelles de pierre et cyprès dessinant l’horizon, la Toscane offre un décor à la fois simple et spectaculaire. En huit jours de road trip, nous avons traversé une région où chaque détour révèle une nouvelle perspective : places médiévales baignées de lumière, routes sinueuses bordées de vignes, fermes anciennes transformées en agriturismo chaleureux. Loin de l’agitation des grandes métropoles, la Toscane se découvre à un rythme lent, entre patrimoine, paysages ouverts et pauses gourmandes face à des panoramas presque irréels.
juillet 2022

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Informations pratiques
Visa
La Toscane fait partie de l’Italie et donc de l’espace Schengen.
Une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit pour les ressortissants européens.
Pour les voyageurs hors UE, les conditions dépendent de la nationalité.
Transport
En Toscane, la location de voiture est fortement recommandée, surtout pour explorer la Val d’Orcia, les villages perchés ou les domaines viticoles.
Les grandes villes sont bien reliées par train, mais l’accès aux zones rurales reste plus pratique en voiture.
Attention aux zones à trafic limité (ZTL) dans les centres historiques : bien vérifier avant de circuler pour éviter de recevoir une amende qui peut arriver jusqu’à plusieurs mois après chez vous.
Paiements
L’Italie utilise l’euro (€).
Les cartes bancaires sont largement acceptées dans les hôtels, restaurants et commerces.
Il reste utile d’avoir un peu d’espèces pour les petits cafés, marchés ou parkings automatiques.
Internet
Le Wi-Fi est largement disponible dans les hébergements, restaurants et cafés.
La couverture mobile est généralement bonne, y compris dans les zones rurales.
Une eSIM ou votre forfait européen fonctionne sans difficulté.
Langue
L’italien est la langue officielle.
L’anglais est compris dans les hôtels, restaurants et sites touristiques, surtout dans les villes comme Florence, Sienne ou Pise.
Le français est parfois compris, mais reste moins répandu hors zones très touristiques.
Dans les villages ruraux, quelques notions d’italien facilitent les échanges.
Sécurité
La Toscane est considérée comme une destination sûre pour les voyageurs.
La criminalité y est globalement faible.
Comme dans toute région touristique, il convient de rester attentif à ses effets personnels dans les centres très fréquentés (Florence, Pise) et dans les transports.
Période idéale
Le climat est méditerranéen, avec des étés chauds et secs et des hivers doux.
Les périodes les plus agréables sont avril à juin et septembre à octobre, avec des températures modérées et une lumière magnifique sur les collines.
En été (juillet-août), la chaleur peut dépasser 35°C, notamment dans l’intérieur des terres.
Préparation
La Toscane est une destination facile à organiser, avec de bonnes infrastructures routières et touristiques.
Un itinéraire bien planifié permet d’optimiser les trajets entre villages et villes d’art.
Prévoir des chaussures confortables (beaucoup de ruelles pavées), une protection solaire efficace en été et, si vous logez à la campagne, un véhicule adapté aux petites routes.
Préparatifs avant le voyage
Nous sommes partis en Toscane en juillet 2022, pendant les vacances d’été, en voiture depuis Lausanne. Comptez au minimum 8 heures de route, selon le trafic et les pauses, en passant par le tunnel du Grand-Saint-Bernard ou le Gothard puis l’autoroute italienne en direction de Florence et Sienne. Le trajet est long mais progressif : on quitte les paysages alpins pour rejoindre peu à peu les collines dorées du centre de l’Italie.
Comme toujours, nous avons anticipé l’itinéraire plusieurs semaines à l’avance, réservé nos hébergements dans la campagne toscane et planifié les grandes étapes afin d’optimiser les trajets et le budget global du séjour.
Si nous avions choisi l’avion, l’organisation aurait été relativement similaire sur place. Les aéroports les plus pratiques sont Florence ou Pise (environ 1h30 de vol depuis la Suisse), mais la location de voiture resterait indispensable à l’arrivée pour explorer la campagne toscane. L’avion permet de réduire le temps de trajet initial, mais une fois sur place, l’autonomie offerte par la voiture reste essentielle pour relier les villages, accéder aux agriturismi isolés et rejoindre les bains thermaux ou les routes panoramiques.
Pour voyager en toute sérénité, une assurance voyage adaptée peut constituer une précaution utile afin d’être couvert pour pour les principaux imprévus:
- Les frais médicaux d’urgence (consultations, hospitalisation, examens, médicaments)
- Le rapatriement sanitaire en cas de problème grave
- L’assistance 24h/24
- La responsabilité civile à l’étranger
- La perte, le vol ou le retard de bagages
- L’annulation ou l’interruption de séjour (selon la formule choisie)
Certaines options permettent également d’inclure la couverture des activités sportives, des complications liées à des conditions médicales déclarées ou des retards importants de transport.
Premiers pas dans le Val d’Orcia
Nous avons commencé notre séjour par deux nuits à l’Hotel Il Pietreto, un hôtel familial installé dans une ancienne bâtisse en pierre, au calme. Piscine, vue dégagée sur la campagne, ambiance simple et chaleureuse : c’était une bonne transition après la route.
Depuis cette base, nous avons exploré le Val d’Orcia, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pienza – Balcon suspendu sur la Val d’Orcia
Perchée au-dessus de la Val d’Orcia, Pienza offre l’un des panoramas les plus emblématiques de Toscane. Classée à l’UNESCO, cette petite ville Renaissance se découvre facilement en quelques heures. On se gare dans l’un des parkings extérieurs (environ 2–3 € de l’heure) puis on rejoint à pied la Piazza Pio II, cœur harmonieux où se concentrent la cathédrale et le Palazzo Piccolomini (entrée env. 5–7 €, 45 min de visite).
Mais l’essentiel se joue dans les ruelles latérales et surtout sur les remparts : la vue s’ouvre sur les collines ondulées, les cyprès alignés et les routes sinueuses typiques de la région. En juillet, mieux vaut venir tôt le matin ou en fin de journée pour éviter la chaleur et l’affluence.
Pienza est aussi réputée pour son pecorino : dégustations possibles dans les petites boutiques. Pour déjeuner, comptez 20–30 € par personne dans une trattoria.
C’est une étape courte (2–3h suffisent), mais marquante : un équilibre réussi entre architecture élégante et paysages ouverts, avec cette lumière toscane qui change tout.
San Quirico d’Orcia
Village plus discret, mais très agréable. Nous avons surtout cherché la célèbre chapelle Madonna di Vitaleta, isolée au milieu des champs avec ses cyprès parfaitement alignés.
Accès par un petit chemin de terre (environ 10 à 15 minutes à pied depuis le parking). La lumière en fin de journée est particulièrement belle.
Les allées de cyprès – La Toscane des cartes postales, en vrai
Entre Pienza, San Quirico d’Orcia et Monticchiello, la route devient presque un décor de cinéma. Ce sont ces fameuses allées de cyprès parfaitement alignés, posées au sommet de collines dorées, que l’on voit partout sur les photos de Toscane. En réalité, elles sont disséminées dans la campagne, souvent au détour d’un virage. Il ne s’agit pas d’un site unique mais de plusieurs points emblématiques accessibles en voiture, notamment le long de la SP146 ou près de la Cappella della Madonna di Vitaleta.
Le Jardin des Tarots – Les géantes colorées de Niki de Saint Phalle au cœur de la campagne toscane
À quelques kilomètres de Capalbio, au sud de la Toscane, le Giardino dei Tarocchi surprend complètement. Après plusieurs jours entre villages médiévaux et paysages dorés, on découvre soudain un univers presque irréel : d’immenses sculptures colorées inspirées des arcanes du tarot, recouvertes de mosaïques, de miroirs et de céramiques brillantes.
Le contraste est fort avec la sobriété toscane. Les “Big Mama” – ces figures féminines monumentales, rondes et puissantes – dominent le jardin et créent une atmosphère à la fois ludique et presque mystique. On circule librement entre les œuvres, on entre parfois à l’intérieur de certaines structures, et la lumière se reflète sur les fragments de miroir. En plein soleil d’été, les couleurs deviennent éclatantes.
En juillet, il fait très chaud dans le parc : peu d’ombre par endroits, donc prévoir eau, chapeau et protection solaire.
Personnellement, j’ai trouvé l’endroit déroutant au début – presque excessif – puis fascinant. Ce n’est pas un jardin “classique”, mais une œuvre immersive, un projet artistique total. Cela change complètement du reste du voyage et apporte une touche contemporaine et audacieuse à un itinéraire très patrimonial.
Informations pratiques :
📍 Localisation : près de Capalbio (sud de la Toscane, à environ 1h30 de Pienza / Val d’Orcia).
🎟️ Entrée : environ 15–18 € par adulte (tarif variable selon saison).
⏳ Temps de visite : prévoir 1h30 à 2h.
🚗 Parking gratuit sur place.
🕒 Ouvert principalement d’avril à octobre (horaires à vérifier avant la visite).
4 nuits en agriturismo – Chaleur d’été et rythme lent
🚌 Trajet : Hotel Il Pietreto → Agriturismo Volta di Sacco (env. 45–60 min selon l’itinéraire)
⏰ Durée recommandée : 3 à 4 nuits pour profiter de la campagne toscane sans courir
🛏️ Où dormir : nous avons séjourné à l’Agriturismo Volta di Sacco, une ancienne ferme rénovée entourée de champs et de vignes
L’agriturismo était idéal pour ralentir le rythme après les premières visites. Les hôtes prêtaient des vélos gratuitement, ce qui permettait de se balader dans la campagne environnante tôt le matin ou en fin de journée. Les petits-déjeuners maison étaient simples mais généreux, servis comme chez l’habitant, avec produits locaux et ambiance familiale.
En plein été, la grande piscine était indispensable : les températures dépassaient souvent 35°C, et nos journées s’organisaient naturellement avec des visites le matin, puis retour à l’ombre ou à l’eau l’après-midi. C’est ce type d’hébergement qui permet vraiment de profiter de la Toscane autrement que dans un enchaînement de villes.
Sienne
À environ 1h15 de route depuis la Val d’Orcia, Sienne est une étape majeure mais qui demande un peu d’organisation. Le centre est entièrement piéton : il faut se garer dans l’un des parkings extérieurs (environ 2–3 € de l’heure), puis rejoindre la ville par escalators ou à pied. En juillet, mieux vaut venir tôt pour éviter chaleur et affluence.
La visite s’articule autour de la Piazza del Campo, célèbre pour sa forme en coquille et le Palio. On peut simplement s’y poser pour observer l’animation, ou monter à la Torre del Mangia (env. 10 €, 400 marches, 45 min à 1h) pour une vue panoramique sur les toits ocre.
La cathédrale est l’autre incontournable (entrée env. 10–15 €), remarquable pour son marbre noir et blanc et ses sols décorés. Comptez 3 à 4 heures pour visiter sans courir.
Sienne est plus touristique que les villages alentours, mais elle conserve une vraie cohérence architecturale. Rues pavées, montées fréquentes, chaleur estivale : prévoir de bonnes chaussures et de l’eau. Pour déjeuner, s’éloigner légèrement de la place centrale (compter 25–35 € par personne pour un repas complet).
Une ville dense, structurée et élégante, qui mérite au moins une demi-journée pleine pour en saisir l’atmosphère.
Saturnia – L’eau chaude au milieu des collines
À environ 1h30 à 2h de route depuis la Val d’Orcia ou la région de Grosseto, nous avons pris la direction des célèbres Cascate del Mulino à Saturnia. Ce sont sans doute les thermes naturels les plus connus de Toscane : des bassins en travertin blanc formés par le dépôt minéral, où l’eau coule en continu à environ 37°C toute l’année.
L’accès aux cascades est gratuit, ce qui explique leur popularité, surtout en été. Le parking officiel à proximité est payant (environ 2,50 € de l’heure, tarif variable), mais bien organisé. Depuis le parking, quelques minutes à pied suffisent pour rejoindre les bassins. Il est conseillé d’arriver tôt le matin ou en fin de journée pour éviter l’affluence, particulièrement en juillet-août.
L’eau est riche en soufre (odeur caractéristique à prévoir), et le fond peut être glissant : des sandales d’eau sont vivement recommandées. Pas d’infrastructures sophistiquées sur place, mais un petit bar/restaurant et des sanitaires près du parking.
Nous avons choisi Saturnia, mais il existe plusieurs autres sources thermales naturelles en Toscane, comme Bagni San Filippo (plus sauvage et boisé), Bagno Vignoni (avec son bassin historique au centre du village) ou encore Petriolo. Chacune offre une ambiance différente : plus intime, plus forestière ou plus structurée.
Deux nuits vers Pise – Fin de séjour plus urbaine
🚌 Trajet : Agriturismo Volta di Sacco → Podere San Paolo (région de Pise) – env. 2h30 à 3h de route selon l’itinéraire
⏰ Durée recommandée : 2 nuits pour explorer Pise et ses environs sans se presser
🛏️ Où dormir : nous avons séjourné au Podere San Paolo, ancienne ferme rénovée située à la campagne, au calme, avec parking gratuit sur place, piscine et même un mini poney dans le jardin.
Après plusieurs jours dans le sud de la Toscane, rejoindre la région de Pise marque un changement d’ambiance : paysages plus plats, proximité de la mer et villes plus ouvertes. Le Podere San Paolo offrait un cadre paisible pour conclure le séjour, loin de l’agitation du centre-ville, tout en restant à distance raisonnable des principaux sites.
La Tour de Pise et la Piazza del Duomo
Impossible de passer par la Toscane sans s’arrêter devant la célèbre Tour de Pise. Au-delà des photos un peu clichés où chacun “retient” la tour du bout des doigts, la visite vaut réellement le détour. Il est possible de gravir ses 297 marches en colimaçon : l’ascension dure une vingtaine de minutes et, au sommet, la vue s’ouvre sur les toits de Pise et la vaste Piazza dei Miracoli.
Je recommande vivement de réserver son billet à l’avance, surtout en été. L’entrée est limitée par créneau horaire (environ 20 €), et le billet inclut également l’accès à la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption, juste à côté. En haute saison, les files peuvent être longues si l’on n’anticipe pas.
Pourquoi est-elle penchée ? Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’inclinaison n’a rien d’un caprice architectural. Dès le début de sa construction en 1173, le sol argileux et instable — fragilisé par la présence d’eau souterraine — a provoqué un affaissement progressif. Au fil des siècles, plusieurs interventions ont tenté de corriger ou de stabiliser la structure pour éviter son effondrement. Finalement, ce défaut est devenu son identité : aujourd’hui consolidée et sécurisée, la tour attire des visiteurs du monde entier précisément pour cette singularité.
Flâner dans le centre historique de Pise
Après la Piazza dei Miracoli, je vous conseille simplement de marcher vers le sud, sans plan trop précis. C’est ainsi que nous avons découvert le centre-ville de Pise : plus discret que la zone autour de la tour, mais beaucoup plus vivant et authentique.
Le Jardin botanique (Orto e Museo Botanico), l’un des plus anciens d’Europe fondé au XVIᵉ siècle, constitue une halte intéressante si vous aimez les espaces calmes et ombragés. L’entrée est payante (environ 4 à 5 €), et la visite dure 45 minutes à 1 heure. En été, c’est aussi un refuge appréciable face à la chaleur.
En continuant, la Piazza dei Cavalieri, ancienne place politique de la ville redessinée par Vasari à la Renaissance, offre un bel ensemble architectural plus sobre mais élégant. L’atmosphère y est nettement moins touristique que près de la tour.
Nous avons surtout apprécié les quais de l’Arno, bordés de façades pastel légèrement patinées. En fin de journée, la lumière se reflète sur l’eau et l’ambiance devient plus douce. Pise se prête bien à cette découverte un peu spontanée : on s’éloigne rapidement des groupes, et la ville révèle un visage plus simple, presque universitaire, loin de son image de carte postale.
Conclusion — Ce que nous retenons… et ce qui nous attend au prochain voyage
Cette semaine en Toscane nous a laissé une impression d’équilibre et de simplicité. Entre les collines du Val d’Orcia, les villages comme Pienza et San Quirico, les villes plus denses comme Sienne, la parenthèse artistique du Jardin des Tarots et les fins d’après-midi à la piscine de l’agriturismo sous la chaleur de juillet, le rythme s’est installé naturellement. En été, il faut accepter d’adapter ses journées : visites tôt le matin, pause à l’ombre ou baignade l’après-midi, puis sorties lorsque la lumière devient plus douce.
Nous retenons aussi la place centrale de la nourriture dans l’expérience. Les pizzas fines et croustillantes dégustées sur des places animées, les pâtes fraîches aux sauces simples mais parfaitement exécutées (pici, ragù, pecorino), les planches d’antipasti partagées sans prétention. Et bien sûr les glaces artisanales, prises presque chaque soir, parfois deux fois par jour tant la chaleur les rendait indispensables. En Toscane, on mange bien sans chercher le spectaculaire : des produits locaux, peu d’ingrédients, mais une vraie cohérence dans les saveurs.
Si nous revenions, nous prendrions davantage de temps pour explorer d’autres sources thermales naturelles comme Bagno Vignoni ou Petriolo, approfondir certaines villes visitées trop rapidement, et tester d’autres adresses locales recommandées par les habitants.

